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De l’institution à la psychothérapie institutionnelle

D 13 mai 2017     H 09:36     A Albert Le Dorze     C 0 messages


> Exposé à la Clinique de psychothérapie institutionnelle de La Chesnaie à Chailles, le 13/05/2017 lors du Colloque du Cercle d’Epistémologie en psychiatrie

 


 

De Gaulle : les institutions d’abord, elles protègent du chaos, de l’abîme. Pour Durkheim, la sociologie était la science des institutions. Au sens classique du terme, l’institution désigne l’ensemble des lois et de leurs représentations qui régissent une cité, soit la répartition des pouvoirs, leur exercice.

Cet agencement institutionnel peut-il être arbitraire, contingent ? Peut-il marquer une rupture, un hiatus, fruit d’une action humaine fondatrice –la République abolit la monarchie –, ou n’est-il que la conséquence naturelle, donc universelle, de la vie en société, mœurs et coutumes, transmis, quasiment sans perte, de génération en génération ? D’un côté, le législateur impose au citoyen des lois, obligatoires, qui visent à modifier, voire à révolutionner les coutumes, leur application étant confiée à la pédagogie, aux instituteurs. De l’autre, la tradition, les mœurs qui dictent aux hommes, non aux citoyens, leurs conduites intérieures et extérieures ; autre pédagogie, autres instituteurs. Montesquieu disait que plusieurs choses gouvernent les hommes : le climat, la religion, les lois, les traditions, les mœurs, les manières. Certaines sociétés ont fondu ces catégories d’où des institutions strictement ritualisées, holistes, organiques, aux frontières bien établies dans lesquelles les concepts de liberté, d’inconscient individuels, sont inconcevables. Elles procurent une identité collective, un Ordre du monde immuable mais harmonieux qui ne saurait tolérer qu’un désordre minimal, attribué à l’ennemi extérieur et qui, si le fauteur de troubles est membre de la communauté, ne peut être considéré que comme possédé, au mieux prophète, ou le plus souvent comme sujet à condamner au pilori. Monde de la sécurité dans lequel les lois ne font que suivre les coutumes, le lien précède les êtres. Seul le tout compte qui définit ce qui est autorisé, interdit, et les éventuelles sanctions.

Mais dans tous les cas de figure, il convient de ne pas oublier la leçon freudienne : « Les névroses mêmes se révèlent comme des tentatives de résoudre individuellement les problèmes de la compensation du désir qui doivent être résolus socialement par les institutions [1]. » Les institutions culturelles, sociales, ne sont jamais innocentes car les productions psychiques des individus et des communautés fonctionnent avec « la même source dynamique pour les uns et pour les autres [2]. » Le psychiatre ne saurait donc, freudiennement, se désintéresser du social, des institutions.

Avant le Péché originel, l’Homme vit au Paradis terrestre, qualifié par G. Canguilhem de Réserve naturelle, indemne de toute altération. Y demeurent de merveilleux pêcheurs- chasseurs-cueilleurs, modèles bien actuels d’une rétrovolution (J-L. Amselle), non encore pollués par l’Histoire, l’économie marchande, le progrès. Sociétés, qualifiées de rabougries par J-P. Sartre, où le vivre-ensemble est isomorphe aux bontés de la nourricière Dame-Nature dont nous retrouvons, selon beaucoup, le lait et le miel dans les communautés, religieuses ou pas, le « fais ce que voudras » de l’abbaye de Thélème ou le phalanstère utopique de Ch. Fourier. Institutions qui traduisent un état de grâce tout naturel.

Pour Thomas Hobbes (1588-1679), l’auteur du Léviathan (1651), l’état de nature de l’homme est celui de la guerre de chacun, insatiable, contre chacun. L’homme n’est qu’un loup pour l’homme, persuadé qu’il est, en toute liberté, supérieur à l’autre. Mais il a peur de mourir. Il recherche donc la protection dont il a besoin. Il concède contractuellement une part de liberté au Souverain, qui, en retour, doit lui procurer paix et sécurité. Ce qui permet le commerce, cette guerre devenue douce. L’homme n’est donc pas social par nature mais par calcul. Le contrat passé n’est pas collectif, il est individuel. Le sujet cherche la protection du Souverain, qui, tel le père de la horde primitive freudienne, reste, le seul, à l’état de nature. Ce Souverain se porte garant des lois, des institutions. Lui seul peut exercer la violence punitive. S’il défaille, retour à un état sauvage de désinstitutionnalisation.

Position différente d’Emmanuel Kant (1724-1804). Inspiré par J-J. Rousseau, il constate que, certes, l’homme est né libre mais qu’il est pourtant partout dans les fers. Il existe des différences de nature entre les hommes mais le problème n’est pas là : ils se refusent par paresse et lâcheté à utiliser la Raison qui permet de distinguer le vrai du faux, le Bien du Mal. Ils ne veulent pas sortir de leur état de tutelle (le Souverain de Hobbes), de leur état de servitude volontaire. Devise de Kant : « Aie le courage de te servir de ton propre entendement, voilà la devise des Lumières ». La liberté de pensée ne devient réelle que si nous l’exerçons. Nous nous devons de devenir rationnels, individuellement responsables. D’évidence, il existe des résistances du côté de nos inclinations sensibles, de nos émotions, de nos passions. Or celles-ci doivent se soumettre à l’argumentation. La Loi morale ne peut être que celle du Souverain Bien : « Agis toujours de telle sorte que la maxime de ta volonté puisse toujours valoir en même temps comme principe d’une législation universelle. » Base d’une démocratie vertueuse et citoyenne. Mais nous devons tenir compte du fait que l’homme « dès qu’il vit au milieu des hommes il y a corruption, le fait qu’ils soient des hommes suffit ». L’ambition, la cupidité, la soif de domination doivent être tamisées par l’entendement. L’insociabilité de l’homme doit devenir sociabilité. Nécessité, si les hommes ne veulent pas s’entretuer, d’élaborer des règles, des lois, des normes, des institutions. Surtout pas de recours à un Souverain mais par contrat une contrainte au Droit qui doit permettre l’exercice de la liberté de tous. La liberté individuelle se limite par l’atteinte à la liberté de l’autre. La sauvagerie des pulsions, la haine, les antagonismes, la violence appellent l’Etat. Mais celui-ci naît d’un contrat social adossé à une constitution civile mu par des citoyens éclairés. Pour Kant, optimiste, la vie en société nous oblige à nous améliorer. Le criminel peut invoquer des circonstances atténuantes (hérédité, éducation...) mais doué de la Raison qui détermine la volonté, l’action, il est punissable, à ses propres yeux et envers la société. Travail d’élaboration d’institutions démocratiques.

Hegel (1770-1831) inscrit l’Homme dans la Raison historique. L’Histoire a un sens. Seul le rationnel est réel. Ontologiquement, c’est la Raison désincarnée qui donne sens à l’Etre. La dialectique, c’est la science de la logique, la science de la vérité. Le Savoir absolu est à acquérir. C’est le sens de l’histoire, nouvelle eschatologie. Pas de contingence, que de la nécessité. Hegel admire Pinel car pour lui « la folie n’est pas une perte abstraite de la Raison, ni du côté de l’intelligence, ni du côté de la volonté mais un simple dérangement de l’esprit, une contradiction de la Raison qui existe encore. » Il faut toujours sauver le soldat Raison. Ce sont donc les idées, rationnelles, qui doivent mener le monde en marche.

Existe une double écriture : une histoire libérale, humaniste, kantienne, émancipatrice, contre l’infâme (Voltaire), pour la tolérance, et une autre histoire pour qui l’ontologie de l’Etre réside dans la Raison dialectisée, synonyme de science, qui, au nom de la vertu éthique, peut imposer un « agencement stratégique des affects et des institutions », une rationalité d’un Corps commun, collectif qui passe facilement outre aux libertés individuelles, qualifiées de formelles. Le Droit devient synonyme de la volonté-loi. La marche en avant de l’histoire dialectique justifie le dépassement de l’entendement individuel et l’emploi de la violence. L’individu ne s’appartient pas, il est déterminé par des données qui lui sont extérieures. L’Histoire contre le concept de Nature humaine. Nid du marxisme. H. Arendt et A. Camus contre Lénine et Mao.

Critique de l’hégélianisme : il paraît difficile d’abraser l’ethnos, la culture. Kundera : « La culture, c’est la mémoire du peuple, la conscience collective de la continuité historique, le mode de penser et de vivre » donc les mœurs, les us et coutumes, immémoriaux, rattachés à une géographie donnée. Les institutions ne peuvent ignorer les climats de Montesquieu, leurs lieux d’exercice. L’avant-garde peut-elle les agencer comme elle le désire ?

L’histoire libérale est celle du courant sceptique, pragmatique anglo-saxon de Hume, Locke, James, Rorty. La Raison n’est pas constituante en tant que telle. Contre l’idéalisme, l’expérience. Souci de purger la science de toute métaphysique, de toute idéologie. Il ne faut promouvoir que des processus de connaissance en considérant qu’il est impossible de séparer conceptions et effets pratiques. La dialectique n’est qu’une métaphysique. Donner un sens à l’histoire, c’est du religieux. La limite de la compétence gouvernementale se déduit de la question : est-ce utile, inutile, nuisible ? Foucault [3] : l’utilitarisme anglais est une technologie de gouvernement, ce qui diffère des sociétés où le Droit, devenu volonté-loi, est posé en premier. Empirisme contre axiomatique. Pragmatisme qui permet la coexistence de différentes communautés historiques, culturelles, raciales, religieuses, la communauté désignant un système plus ou moins clos, aux frontières plus ou moins poreuses, dans lequel les organismes vivants, comme les humains, partagent valeurs, environnement communs et interagissent entre eux. Connexion de l’hétérogène (Foucault) plutôt que fusion unitaire.

Maxwell Jones, dès 1941, au Henderson Hospital, réunit l’ensemble du personnel et des malades afin de discuter de ce que l’on fait. Expériences et principes exposés dans son livre The Therapeutic community ayant pour but la réadaptation sociale. En 1960, le Docteur Russel Barton écrit Institutional neurosis, publié en France sous le titre La névrose institutionnelle [4]. Pour R. Barton, il s’agit avant tout de lutter contre les effets de la maladie institutionnelle asilaire caractérisée par l’apathie, le manque d’initiative, la perte d’intérêt, la soumission passive, l’inaptitude apparente à élaborer des plans pour l’avenir, le manque d’individualité, et parfois une posture, une démarche caractérisée. C’est ainsi qu’au bout de deux ans d’hôpital psychiatrique, la plupart des malades souffrent, d’après cet auteur, de deux maladies : la schizophrénie et la névrose institutionnelle. Pour Barton, il faut donc considérer la névrose institutionnelle comme une maladie de plein droit, étant donné qu’elle naît dans des institutions comme les hôpitaux psychiatriques mais également dans les camps de prisonniers de guerre, les orphelinats, les prisons. La réhabilitation fait disparaître ces symptômes. Les hôpitaux animés par un personnel averti cessent de produire cette névrose. Ce qui a donné naissance au mouvement de la communauté thérapeutique.

Dès 1920-1930, le psychiatre allemand Herman Simon dont les ouvrages ont été introduits en France par Tosquelles, assure que les trois maux dont sont menacés nos malades mentaux dans un hôpital et contre lesquels notre thérapeutique doit lutter sans arrêt sont : l’inaction, l’ambiance défavorable de l’hôpital et le préjugé d’irresponsabilité du malade lui-même. Pour lui, dans chaque malade, il y a une partie mobilisable et il convient donc, pour ce faire, de traiter le milieu ambiant, le quartier. La thérapeutique ne doit pas agir directement sur le malade mais sur l’environnement, le médecin détermine les facteurs influençant favorablement l’environnement du malade afin de réduire la partie non-acceptable de la personne. Le malade est libre, politique « d’open-door » mais cette liberté, cette confiance accordée se paient de responsabilités. Parmi les moyens employés préférentiellement pour lutter contre l’apathie figure l’ergothérapie, le malade doit être occupé manuellement, effectuant un travail qui l’intéresse. Pour Tosquelles, la grande révolution simonienne est celle qui a mis l’accent sur l’institution et non pas sur le malade isolé.

Cette thérapie par « le milieu de vie » se rattache à la psychiatrie sociale qui insiste sur la sociologie de la santé mentale. Le but serait de transformer l’organisation de l’hôpital pour obtenir que chacun, quel que soit son poste, participe à une entreprise thérapeutique commune : libres communications, lutte contre les hiérarchies, décisions communes, réunions ouvertes, ergothérapie. Il s’agit d’un véritable apprentissage social. Démocratie kantienne à l’œuvre s’appuyant sur la partie du Moi, encore guidée par la Raison, qu’il s’agit d’augmenter avec le concours des moi auxiliaires que sont les personnels soignants. Woodbury [5] : « Le soin requis répond donc à la part de son existence propre que le patient ne prend pas lui-même en charge ». Le but : l’autonomie.

Les psychanalystes reprocheront aux concepteurs de la communauté de tomber dans une pure et simple adaptativité comportementale. Effrayés par Skinner, tête de file du comportementalisme, qui écrivait en octobre 1973 : « Ce n’est pas possible de faire un homme libre ; c’est-à-dire qu’il n’est pas possible que l’homme change lui-même sa vie mais on peut changer l’environnement dans lequel il vit et dans lequel il se sentira libre, dans lequel il sera content et agira avec plus de productivité, de facilité [6]. » Il n’y aurait nulle pensée de la contradiction mais une pensée du même, du consensus obligatoire.

Mais ici, encore, il convient de méditer Freud : la psychanalyse ne peut que constater que « les forces qui provoquent la restriction des pulsions et le refoulement des pulsions du côté du moi résultent essentiellement de la docilité envers les exigences sociales de la civilisation [7]. » Et ce, surtout en ce qui concerne la femme, ajoute Freud. Plaidoyer pour l’émancipation, la liberté de pensée, les Lumières. Idéal bien connu de la communauté des psychiatres.

Et avec grande facilité, la communauté thérapeutique devient une psychiatrie communautaire (J. Hochmann [8]). La nosographie individuelle est à repousser. Il faut recourir à des sociopathies dans lesquelles le professionnel de santé devient un facilitateur commis par la société pour catalyser, libérer forces et paroles dans la société. L’hôpital n’est plus l’essentiel. Les psychothérapies à envisager sont des psychothérapies d’immeubles. Nous serions confrontés à une certaine démocratie sociale d’interactions.

La guerre de 1939-1945 avait fait connaître à tous l’horreur concentrationnaire et, en retour, faisait s’interroger sur les conditions de vie des malades aliénés, – de trop nombreux internés sont morts de faim pendant cette période –, sur le scandale du surencombrement hospitalier, sur la déportation des malades à l’autre bout de la France. Lutter contre cet état de fait constituait le dénominateur commun, humaniste, à tous. Volonté d’améliorer la vie asilaire et bientôt, de par l’introduction des chimiothérapies, de « guérir », de faire sortir les malades. Création des CTRS (Centre de Traitement et de Réadaptation Sociale) de Sivadon et Le Guillant, services unisexués où tous les malades d’un secteur de population étaient pris en charge. Nécessité d’une post-cure afin d’éviter les réhospitalisations. Abolition de la frontière entre les médecins d’asile et les médecins de dispensaire. Volonté d’établir un certain type d’organisation sociale de la santé mentale, se prolongeant à l’intérieur des hôpitaux psychiatriques par la lutte anti-asilaire pour la dignité et du malade et de l’infirmier et de manière générale de toute personne y travaillant. (Conférer en 1945, le rapport de Daumezon et Bonnafé sur L’internement, conduite primitive de la société devant un malade mental.)

1945 : la Libération, la médecine sociale au pouvoir. Le ministre communiste François Billoux prend Bonnafé, communiste lui aussi, comme conseiller technique. A cette date se crée le syndicat des psychiatres des hôpitaux dont Daumezon est le premier secrétaire général, qui, dès les années trente, avait commencé un travail de désaliénation à l’hôpital psychiatrique de Fleury-les-Aubrais. Le premier journal de libre expression des malades a été créé à Fleury.

A cette époque se réunit le groupe BATEA, groupe de réflexion psychiatrique théorique où l’on retrouvait le groupe de Saint-Alban avec Tosquelles (où s’intégrait en 1947 Jean Oury qui, ensuite, aura la responsabilité de cet enfant de Saint-Alban qu’est la clinique La Borde à Cour-Cheverny,) Daumezon, Le Guillant, Follin, Lebovici et des neurologues comme Ajuriaguerra et Hecaen. Tosquelles, dans Structure et rééducation thérapeutique [9], à propos des premiers travaux du groupe de Saint-Alban, avec Chaurand et Bonnafé en 1942-1947 : nous n’avions pas compris à l’époque ce qu’était la structure homogène de l’inconscient et du langage. Dans notre volonté de débarrasser la psychologie normale ou pathologique des mythes et des mystifications... nous avons pu écrire que l’on avait peut-être intérêt à se débarrasser de la notion même de l’inconscient. Nous nous voulions démystificateurs. Nous étions amenés à rejeter la poubelle de l’inconscient en jetant l’enfant avec l’eau du bain.

S’en suivra le mouvement de psychothérapie institutionnelle qui tentera d’articuler psychanalyse et politique.

1) Le structuralisme. Les faits anthropologiques les plus divers peuvent entrer dans le structuralisme « mais seulement pour autant qu’ils passent par les faits de la langue, qu’ils sont pris dans l’institution de type Signifiant/signifié et se prêtent au réseau d’une communication et qu’ils reçoivent de là leur structure. [10] » F. Wahl.

2) La vision marxiste du psychisme ne saurait se résumer au pavlovisme rééducatif stimulus-réponse de feu l’URSS stalinienne. L’individu, dans la théorie marxiste, ne devient sujet que par son « excentration sociale » selon l’expression de Lucien Sève [11]. Aussi, pour lui, l’erreur fondamentale de Freud et des psychanalystes, c’est bien, comme G. Politzer [12], en 1928, avec la Critique des fondements de la psychologie, l’avait montré il y a plus de 40 ans, de croire qu’on peut expliquer l’histoire par la psychologie et non la psychologie par l’histoire. Et cela, parce que la psychanalyse s’occupe d’un aspect spécifique du psychisme dont la dépendance à l’égard de l’histoire ne serait pas directe ou même pas évidente. Pour Staline et ses affidés, la psychanalyse est une entreprise idéologique au service du Vatican et de l’américanisation des esprits, une idéologie petite-bourgeoise mondaine prônant le bonheur individuel, dissolvant la lutte des classes dans des jeux sexuels. Elle est au mieux une mystification irrationnelle. Ce qui aboutit au fameux texte de juin 1949, le numéro sept de la Nouvelle Critique : « La psychanalyse, idéologie réactionnaire. » Le pavlovisme devient l’unique théorie psychopathologique scientifique acceptée, la psychanalyse est assimilée au fascisme. Il est demandé aux médecins communistes d’approuver le procès des blouses blanches contre Staline en 1953. Serge Lebovici, signataire du texte de juin 1949, avait pourtant, dans La pensée, affirmé que la psychanalyse était à la fois une thérapeutique et une science autonome. Le groupe BATEA ne résiste pas à la ligne imposée par Jdanov aux intellectuels français communistes. Cette première fracture dans le mouvement psychiatrique entraîne Follin à renier complètement l’analyse, Bonnafé et Le Guillant tentent de justifier la prise de position de la Nouvelle Critique. Mais il faudra attendre 1956 pour qu’il y ait autocritique.

Après le vingtième congrès du parti communiste soviétique, en février 1956, tentative de réunification. Au groupe de Sèvres, en 1957-1958, se retrouvent, animés d’un vaste esprit œcuménique, les psychiatres français les plus actifs, analystes ou pas, marxistes ou non. Mais rapidement apparaissent des dissonances, en particulier quant au rôle des infirmiers dans la prise en charge du malade hospitalisé. En juin 1958, ce même groupe de Sèvres décide d’étudier le problème-clé de l’avenir de la psychiatrie publique, politique consistant à répondre aux besoins de santé mentale d’un secteur précis de la population.

Points forts :
- le fait syndical : de puissantes organisations de défense des intérêts matériels des infirmiers sont affiliées aux grandes centrales syndicales ouvrières. Refus du corporatisme, prise en compte politique par les syndicalistes de l’exigence du droit à la santé mentale pour tous.
- souci de formation du personnel infirmier : en particulier création, sous l’influence de Daumezon, de Germaine Le Guillant, de Bonnafé, d’Oury, des stages de CMEA (Centres d’Entraînement aux Méthodes d’Education Active) qui ont donné naissance à la revue Vie sociale et traitements.

Tiraillé par de multiples forces centrifuges, le groupe de Sèvres vole en éclats. Si bien que chacun se regroupant au plus près de ses affinités, le GTPSI (Groupe de Travail de Psychothérapie Institutionnelle) se crée en 1960, n’admettant que les groupes de Saint-Alban et de La Borde dont l’orientation est exclusivement analytique et plus précisément lacanienne. Certains ayant même conçu une articulation organique entre l’Ecole Freudienne et le GTPSI.

Ce groupe donne naissance à la Revue de la Société de Psychothérapie Institutionnelle dont Tosquelles est le président.

3) Tosquelles [13] se demande en quoi les concepts introduits par Lacan dans la recherche psychanalytique ont infléchi recherche et pratique. Et aussi, conjointement, quelles nouvelles perspectives ouvrent la linguistique d’une part et le structuralisme anthropologique de l’autre. Etant entendu, ajoute-t-il, qu’une fois pour toutes, on a fracturé le Moi qui, après avoir été épicier, notaire ou conseiller général, dans une course au pouvoir et à la dépendance, étale ses fastes dans les casinos à la mode, où la bourgeoisie et les truands échangent, dans une rêverie esthétique, sous les modes de « la laitière et du pot-au-lait », la fausse monnaie de leurs mondes imaginaires. Plus près de nous, le tiercé : ce facile et hasardeux procédé de fortifier le Moi avant de se payer une psychanalyse dans le même but ? Lacan contre une certaine lecture de Freud. Théorie du sujet clivé, non maître chez lui, contre la prééminence du Moi.

En mars 1973, toujours dans la Nouvelle Critique, paraît un article collectif : « La psychologie sociale : une utopie en crise » qui constate que le rapport entre la théorie matérialiste historique du sujet et la psychanalyse ne peut manquer d’être évoqué. Contrairement à ce que prétend une rumeur tenace qui dénonce la psychanalyse après l’avoir dénaturée, celle-ci serait la seule à développer une théorie du sujet qui ne soit pas contradictoire dans ses principes mêmes avec la théorie marxiste. Les concepts de sujet, de représentation et d’illusion – de méconnaissance – seraient d’ailleurs communs à ces deux champs théoriques.

Mais à l’intérieur du mouvement de psychothérapie institutionnelle les stratégies peuvent différer. Pour beaucoup, une hiérarchie de compétences doit persister. Certes, il ne peut être question de parler de psychothérapie institutionnelle seulement dans certains services, c’est tout l’hôpital qui doit être intéressé dans cette thérapeutique, mais le malade doit être intégré dans un réseau sous une direction médicale, responsable du soin et de la gestion de la violence. L’unité de l’équipe soignante reste la base de toute action solide ; cette unité ne peut prendre corps qu’à travers des échanges quotidiens entre techniciens de disciplines variées qui doivent trouver un langage, une façon de penser communs. Nous savons « qui est qui ». P. Kœchlin, par exemple, parle de techniques différentes caractérisant la compétence du médecin-directeur, de l’analyste ou de l’infirmier. « J’ai cherché à me montrer comme un technicien susceptible de leur apporter un certain éclairage sur les questions auxquelles ces techniciens d’une discipline différente, mais voisine de la mienne, cherchaient des réponses [14]. » Importance de l’utilitarisme comme technologie institutionnelle. Est-ce utile, inutile ? Tout pouvoir, y compris celui du Souverain, doit être contenu. Ce mouvement ne présente pas d’objection majeure à la communauté thérapeutique ou à la psychiatrie communautaire.

Un certain courant de psychothérapie institutionnelle se veut, lui, adoptant Lacan, axiomatique, en dehors de toute problématique humaniste. Le sujet n’est qu’un signifiant pour un autre signifiant. L’Autre, c’est le collectif. Ontologiquement, l’être est extérieur à la conscience. Le changement surgit en interprétant, en agissant sur ce qui se meut dans la structure institutionnelle au niveau du symbolique, ce qui suffirait à dissoudre la violence.

Pas de hiérarchie de compétences, au contraire de ce que déclarait P. Kœchlin. Cela n’a rien à voir avec les centres révolutionnaires de conscience de l’antipsychiatre Cooper. Psychanalyse sans divan, lacanisme pur et dur.

Selon Jean Oury [15], traiter l’autre comme un sujet est une phrase incohérente, il vaudrait mieux le traiter comme un objet. En fait, le médecin, le jardinier, l’infirmier, le patient, le vaguemestre, ne sont que des signifiants pour d’autres signifiants. Vis à vis de l’autre – un psychotique par exemple – une démoïfication, une mise à plat du système reflétant-reflété, une critique de la brillance, une désimaginification est nécessaire afin que dans une dimension d’effacement, puisse se dégager – cheminement dans l’angoisse – un lieu, le lieu de l’Autre. Il s’agit d’un jeu de linguistique mathématique. L’institution est un cadre où se meuvent des signifiants et non pas des personnes. Mais Tosquelles, juge que le formalisme structural absolu n’est peut-être qu’une tentative de s’épargner les analyses pénibles du transfert et du contre-transfert. Nécessité des échanges, de la fluidité de la circulation. Si les soignants ne sont pas des déboucheurs de canaux, s’ils se cantonnent au seul niveau d’une spécificité technique professionnelle, il n’y a pas institution mais établissement qui se prend pour une institution.

Les échanges doivent aussi s’effectuer avec la niche géographique où vit l’institution. Saint- Alban s’inscrit dans l’histoire culturelle, politique, sociale de la Lozère. De même pour La Borde et Chailles, insérées dans la Sologne. F. Fanon (1925-1961), militant anti-colonialiste, est passé à Saint-Alban, chez Tosquelles. En 1953, il est nommé médecin-chef à Blida. Il tente de faire bénéficier les indigènes algériens du meilleur de la psychiatrie française qu’il a côtoyé à Saint-Alban. Et pour lui l’appartenance ethnique, religieuse est toujours seconde par rapport à l’assignation politique. Alice Cherki qui a travaillé avec Fanon raconte les services surchargés de patients inoccupés, hirsutes, vêtus de tenues impersonnelles fournies par l’administration, qui les rendaient semblables à des détenus ; les plus agités sont attachés à leur lit et même, pour certains, aux arbres du parc. L’indigénat impose les services séparés : d’un côté les musulmans, de l’autre les européens. Aidé par Jacques Azoulay, qui avouera avoir ignoré pendant longtemps les activités politiques parallèles de Fanon, se mettront en place des réunions institutionnelles bi-hebdomadaires regroupant médecins, infirmiers, malades, où chacun est censé intervenir et relancer la parole, éventuellement conflictuelle, sur la vie du pavillon ou d’autres thèmes comme l’organisation des fêtes de Noël. Commissions sur la musique, le cinéma, création d’un hebdomadaire Notre journal, ateliers de tricot, de couture. Dans les pavillons de patientes européennes, c’est le succès : le matériel de contention disparaît. Mais avec les hommes indigènes ? Le Frankaoui était attendu. Travail d’autant plus difficile que Fanon ne parle ni l’arabe ni le berbère. Et malgré plusieurs réunions préparatoires, c’est l’échec. Les malades restent indifférents, n’accrochent pas aux activités de resocialisation. Fanon s’entend dire : « Vous ne les connaissez pas, vous n’avez pas encore viré votre cuti ! » Et c’est à ce point que les réactions de Fanon sont décisives : « Si nous avons échoué, ce n’est pas parce que le musulman est paresseux (école d’Alger) mais parce que nous avions cru adapter à une société musulmane et, de surcroît, dans une population à majorité paysanne, "les cadres d’une société occidentale à évolution technique déterminée" [...] "À la faveur de quel trouble du jugement avions-nous cru possible une sociothérapie d’inspiration occidentale, mettant entre parenthèses tous les cadres géographiques, historiques, culturels et sociaux, dans un service d’aliénés musulmans ? N’avons-nous pas irréflexivement adopté la politique de l’assimilation ?" Dans cette optique, en effet, l’"indigène" n’a pas besoin d’être compris dans son originalité culturelle, c’est à lui de faire l’effort de ressembler au modèle que le colonisateur lui propose. L’assimilation dans le cadre d’une société colonisée ne suppose pas l’échange, mais la disparition de toute culture au profit d’une autre, dominante. [16] » Certaines innovations : café maure, célébration des fêtes musulmanes, venue de conteurs, musiques arabes, intérêt pour les séances maraboutiques, se font jour. M. A. Bencharif et Bachir Ridouh [17], psychiatres en 2006 à l’hôpital CHU Frantz Fanon à Blida racontent l’épisode significatif de la mosquée, abandonnée au milieu du village psychiatrique. Fanon s’informe sur le fonctionnement du culte musulman : rôle de l’imam, du muezzin, place des femmes, comment fait-on ses ablutions ? Fanon fait de la mosquée un lieu thérapeutique. Un imam schizophrène redevient un imam. Aux réunions, les propositions fusent, aussi bien de provenances européennes que musulmanes. Fanon : la psychiatrie doit être politique. Peau noire, masques blancs avait déjà été écrit. Comme Sartre avec ses Réflexions sur la question juive, Fanon s’interroge sur la question Noire. Mais il faut ajouter, pour l’instruction de quelques défenseurs, corporatistes ou d’esprit religieux, de certaines théories ou pratiques qu’ils souhaitent exclusives, que Fanon, l’anticolonialiste, « ne sous- estimait pas le recours à tout l’arsenal des thérapeutiques biologiques, alors en vigueur, attentif à leur possible efficacité. [18] » Neuroleptiques (en 1954, introduction du Largactil), antidépresseurs, tranquillisants, enthousiasme pour les sels de lithium, cures d’insulinothérapie, de sismothérapie, et même abcès de fixation. Mais il s’insurge contre la lobotomie, fréquente à son arrivée.

La question de Hobbes quant au Souverain est incontournable. La psychothérapie institutionnelle veut imposer des agencements institutionnels, considérant, depuis Hegel, que l’ontologie de l’Etre repose dans l’Autre, dans le langage, dans l’histoire. Mais cela peut-il fonctionner sans Pères de la freudienne horde primitive ? Qu’ils se nomment Tosquelles, R. Gentis, J. Oury ou J-L. Place, la place de ces leaders charismatiques paraît échapper à l’analyse structurale et plutôt relever des mystères de l’hypnose, même si l’adhésion à des mouvements de masse était censée la dissoudre. Point obscur de la stricte psychothérapie institutionnelle. Comme le dit M. Godelier [19], pour se mettre en marche, les hommes ont besoin de croire que l’impossible est possible. La croyance préexiste aux opérations mentales. Foucault [20] le dit autrement en reposant le problème de la gouvernementalité institutionnelle. D’abord une transformation perpétuelle sous le jeu de différents intérêts égoïstes car la démocratie requiert que cette gouvernementalité soit réglée sur la rationalité du sujet-individu, fut-il patient, porteur d’intérêts personnels. Mais cette rationalité n’est pas identique à celle du Souverain, de celui qui peut dire Moi, Je, leader, porteur d’une vérité qu’il impose, garant de cette vérité, y compris par l’emploi éventuel de la violence dont il est le seul maître. Et un type de gouvernementalité n’efface pas l’autre.

Critique classique de l’institution : la psychiatrie communautaire, le secteur. Les malades seraient en inter et auto-analyse permanente. L’institution est une vraie marmite. Mais comment cela se fait-il que les patients qui y entrent, n’en sortent –sauf pour les permissions – qu’après cinq, six, sept années de véritable acculturation institutionnelle, – l’hypnose au long cours de F. Roustang ? – Il existerait une répugnance à considérer la valeur du colloque singulier soignant-malade, à l’idée que les sels de Lithium puissent apporter davantage au patient que la recherche douloureuse et possiblement mortifère de sa vérité. A l’abri des bruits de la ville ne s’agit-il pas d’un nouvel asile laboratoire ?

Bonnafé [21], en 1973 : j’ai toujours parlé à partir de l’usager dans un monde accoutumé à parler à partir de l’institution dans laquelle on est investi. Mot d’ordre : « Qu’y-a-t-il pour votre service ? » Il lui faut « restaurer dans sa responsabilité le grand absent du discours institutionnaliste, néo-aliéniste, l’USAGER. » Le secteur désaliéniste « a pour fonction d’aider le malade à assumer le maximum d’autonomie ; d’empêcher l’institution hospitalière d’organiser l’existence dépendante des exclus, d’aider la société à tolérer dans ses rouages normaux les mauvais objets qu’elle contient (l’exemple le plus typique étant celui de l’école). » Il faut entendre l’expression des besoins. Les équipements doivent être créés après le dialogue avec la population et non avant. Le signifiant repasse derrière la personne. Il n’est plus parlé de psychiatrie, de maladie mentale, mais d’hygiène, de santé mentale.

Remarque acide de Jean Ayme, dés 1967 : cependant, il y aura toujours questionnant le désaliéniste missionnaire de la psychiatrie de secteur – porteur de la bonne parole partout où se manifestent des conduites pathologiques – la folie, la vraie folie « où sera la place de cette folie dans l’extra-hospitalier d’une société aussi policée ? Il s’agit bien de la folie et non des troubles de l’adaptation. Il s’agit de celui qui refuse de venir à l’hôpital de jour, de celui qui casse les bibelots du psychanalyste, de celui dont l’habitude ou le faciès est un objet de scandale. L’extra-analytique ne pouvant l’absorber, on l’enverra à l’hôpital psychiatrique – rebaptisé centre psychothérapeutique [22] -. » Toujours Ayme : « Dans une psychiatrie de science-fiction, à l’échelle de l’éducation nationale, psychiatres publics et psychiatres privés enfin réconciliés, et au nombre de 4000, tissent les mailles d’un vaste filet psychiatrique où l’hygiène mentale ayant droit de cité, au même titre que les théories pasteuriennes, rien ne passe plus qui soit nuisible à la bonne qualité des relations humaines. L’humanité vît sous la protection d’une psycho-police toujours et partout présente. »

Notre zeitgeist n’est plus le structuralisme. Retour d’un sujet clôturé, incarné, ne récusant pas ses déterminismes biologiques. Le structuralisme et la psychothérapie institutionnelle ont dû affronter les mêmes tempêtes, accusés d’antihumanisme, de scientisme dévoyé, lié au Grand Renfermement dans le langage, aux philosophies de l’Histoire, voulues tout aussi scientifiques, mais aveugles aux données de l’évolution, de l’animalité de l’homme et donc aux apports des biotechnologies.

La volonté de dépsychiatriser rencontre la nouvelle anthropologie numérique, celle du règne du calcul, du capital humain à optimiser, de la performance individuelle, des comportements et caractères à modifier afin de fortifier un moi défaillant, incapable. Ceux qui troublent l’ordre public doivent se réadapter. Travail du coach. Le sujet ne se définit plus que par sa place sociale ou plutôt par la place résultant du regard, du jugement, portés par les autres. Importance du narcissisme, de la monstration. Andy Warhol : à l’avenir, chacun aura son quart d’heure de célébrité mondiale. Ce jour, nous ajouterons : devra.

Les souffrances psychiques deviennent des souffrances sociales. Les sociologues, et non pas les psychiatres, deviennent des sociothérapeutes qui régulent, réparent les dégâts de la flexibilité, de la globalisation. Les pathologies ne le deviennent que si elles perturbent les relations sociales. Les psy deviennent des réadaptateurs pédagogiques de comportement avec l’aide de la chimie et des thérapies cognitives. Inconscient ? Inutile, non opératoire.

Asservissement ? En tout cas sans tyran. Désirer en vain est une absurdité. Sera déclaré incurable, selon le mot de Thierry Trémine, celui qui met le coaching en échec. Inutilité de la nosographie psychiatrique, la pathologie n’existant que si elle entraîne des perturbations sociales.

En 1973, Roger Gentis estimait que la psychiatrie devait être faite et défaite par tous. Ce jour, tous doivent concourir à sa dissolution sociale et progressiste qui rend inutile la pensée critique, outil dépassé, employé autrefois par des professionnels fossilisés, appelés psychiatres, ancêtres néolithiques de nos actuels experts en normalisation sociale. Alain Ehrenberg, sociologue, a été nommé, logiquement, directeur du Nouveau Conseil de la Santé Mentale [23]. Mais peut-être Trémine a-t-il raison de se montrer moins pessimiste, moins caricatural ? « Nous avons obtenu de haute lutte l’existence de communautés psychiatriques de territoire [...] Notons que le contrat territorial de santé mentale devient la communauté psychiatrique de territoire : pas de présence du mot hôpital ou santé mentale, emploi des mots psychiatrique et communauté : retour aux sources du secteur [24]. »

Ces nouvelles institutions, qu’elles soient le fruit de l’action de l’Etat, des collectivités publiques ou d’initiatives privées, répondent aux contraintes imposées par les us et coutumes, environnementaux, politiques, économiques, sociaux. Elles nous concernent, adresse de Freud, inéluctablement.


[1Freud (Sigmund), « L’intérêt de la psychanalyse. » Résultats, Idées, Problèmes. Paris : PUF ; 1984, Tome I, p. 209.

[2Freud S. Ibid. p. 208.

[3Foucault (Michel), Naissance de la biopolitique, cours au Collège de France. 1978-1979. Paris : Gallimard, Seuil ; 2004, p. 42.

[4Barton (Russel), La névrose institutionnelle. Editions du Scarabée ; 1969.

[5Woodbury (Michaël), L’information psychiatrique, numéro spécial, décembre 1966.

[6Skinner (Burrhus Frederic), Science et Avenir, octobre 1973.

[7Freud (Sigmund), L’intérêt de la psychanalyse. Ibid. p. 211.

[8Hochmann (Jacques), Pour une psychiatrie communautaire. Paris : Le Seuil ; 1971.

[9Tosquelles (François), Structure et rééducation thérapeutique. Paris : Editions universitaires ; 1972.

[10Wahl (François), « Qu’est-ce que le structuralisme ? » Dictionnaire de la langue française. Supplément. Littré. Paris : Encyclopaedia Britannica ; 1983, p 473.

[11Sève (Lucien), Clément (Catherine), Bruno (Pierre), Pour une critique marxiste de la théorie psychanalytique. Paris : Editions Sociales ; 1973.

[12Politzer (Georges), Critique des fondements de la psychologie, 1928. Paris : Presses Universitaires de France ; 1967.

[13Tosquelles (François), Ibid.

[14Kœchlin (Philippe), « La psychothérapie institutionnelle. » Revue pratique de psychologie de la vie sociale et d’hygiène mentale : 1966 ; n°3 et 4.

[15Oury (Jean), Recherches, janvier 1973.

[16Cherki (Alice), Frantz Fanon. Paris : Seuil ; 2000, p 103

[17Bencharif (M. A), Ridouh (B), « Docteur Fanon, à votre arrivée à la psychiatrie... ? » Vie sociale et traitements. 2006 ; n°89, p 30-36.

[18Cherki (Alice), Ibid. p 108.

[19Godelier (Maurice), Lévi-Strauss. Paris : Seuil ; 2013, p. 445

[20Foucault (Michel), « Leçon du 4 avril 1979. » Naissance de la biopolitique. Cours au Collège de France. 1978-1979. Paris : Gallimard, Seuil ; 2004, p.307-317.

[21Bonnafé (Louis), « Un pas vers une psychiatrie différente. » L’information psychiatrique, avril 1973.

[22Ayme (Jean), « Le psychiatre dans la cité ou le mythe de l’extra-hospitalier. » Recherches, Juin 1967.

[23Alain EHRENBERG - Sa lettre de mission, du 3 novembre 2016, fixe les axes et orientations des travaux à mener sous son impulsion.

[24Trémine (Thierry), « La psychiatrie doit être faite/défaite par tous. » L’information psychiatrique. Octobre 2016 ; Volume 93.

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